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La foi des thérapeutiques?

Certain-e-s sont doté-e-s d’une foi aveugle mais le sujet de ces croyances varie. Peut-être que vous avez hérité de celles de votre entourage, peut-être vous êtes vous forgé votre opinion par vos expériences, vos lectures, vos échanges, etc.

Quand on est atteint-e d’une maladie chronique, il y a presque toujours de bonnes âmes pour vous soumettre des articles sur des méthodes miracles censées vous soulager ou même vous guérir. L’internet grouille aussi de ce genre de propositions généreuses, pas toujours gratuites, parce qu’il est bien connu que si ça vaut des sous, les résultats sont meilleurs (FAUX!). Comme toujours, qu’importe le contexte, des gens cherchent à faire du profit.

Avoir une foi aveugle en la science n’est pas une bonne idée, renseignez-vous.
Les firmes pharmaceutiques sont une industrie. Si la recherche avance dans un domaine médical, c’est généralement parce que la pathologie en question coûte plus d’argent à la société si elle n’est pas prise en charge en fonction des incapacités engendrées et du nombre de personnes touchées. Au grand désarroi des maladies orphelines (moins d’1/2000 personnes). Les traitements médicaux n’ont jamais été et ne seront probablement jamais irréprochables, cela ne signifie pas qu’il faut les éviter comme la peste, l’important est d’évaluer la balance bénéfices/risques. Et d’assumer son choix au long terme.

Il en va de même pour toutes les autres méthodes, qu’elles soient dites alternatives, naturelles, novatrices, le principal est d’être en accord avec soi-même. L’ouverture d’esprit, la curiosité ou la recherche d’un quotidien un peu plus tendre peut vous pousser à essayer de nouvelles choses. Que ce soit l’homéopathie, les huiles essentielles, les interférences, la relaxation, la troisième médecine (= l’alimentation) ou même le dessin. Il n’y a pas de liste exhaustive de tout ce que l’on peut tenter pour se faire du bien. Essayer n’est pas une mauvaise chose, loin de là et si vous êtes convaincu-e-s, tant mieux. Malgré nos convictions, il faut savoir respecter les croyances des autres et éviter de devenir un prophète de notre propre religion.

Pourquoi?

Ce n’est pas parce que vos médecins n’ont pas modifié leur façon de se nourrir comme vous qu’iels ne sont pas compétent-e-s. On est pas tous-tes amené-e-s à se poser les mêmes questions et encore moins au même moment. L’important n’est pas que les gens que vous fréquentez partagent votre avis sur l’acupuncture mais qu’iels respectent le vôtre et vice-versa.

Si un jour, il y a des partages sur ce site, ce n’est pas par conviction mais dans un esprit d’échanges et d’ouverture.

À quoi ça ressemble d’être agenre

Avant tout, être agenre, c’est être transgenre.
Être transgenre, c’est lorsque l’identité de genre assignée à la naissance ne correspond pas à ce que l’on est.

Être trans, c’est ressentir de la dysphorie.
Ressentir de la dysphorie de genre, c’est l’incompatibilité de notre identité à notre corps, à notre nom, à comment les autres nous perçoivent quand iels ne peuvent ou ne veulent voir qui l’on est vraiment.

Agenre, c’est un mot que l’éditeur de texte souligne en rouge.
Ce n’est pas dans le langage courant, pas encore.

Être agenre ou neutrois signifie qu’on ne s’identifie à aucun genre.
Ce genre ou plus exactement cette absence de genre fait partie des transidentités de genre non-binaires (ni 100 % féminin, ni 100 % masculin).

Être agenre, en ce qui me concerne, c’est avant tout de la dysphorie depuis la petite enfance.
Puis l’incapacité de trouver des mots dans ma langue maternelle pour exprimer mon identité.

J’éprouve une profonde incompréhension et révolte face aux statuts des hommes et des femmes, au patriarcat, au sexisme, à notre éducation, à l’invisibilité des non-binaires et intersexes.
En gros, à une majorité de nos mœurs.

Mon expression de genre idéale correspond à un look androgyne.

Robe, virilité, maquillage, abdominaux ou épilation sont des mots qui ne sont pas associés à un genre.
En tout cas, pas par moi.

Être agenre, c’est être invisible, ignoré-e, nié-e.

Il est trop tôt pour être agenre.
Être agenre, c’est être précurseur d’une révolution à laquelle le monde n’est pas préparé.

Les personnes agenres ne sont pas représentées dans les médias ou le septième art.
Bien d’autres minorités sont passées par là, on peut espérer qu’iels le seront dans une période indéterminée.
Comme les personnes transgenres binaires (F/M) le sont aujourd’hui dans de rares et bonnes séries.
[Pour ne pas les citer : Orange is the new black, Sense 8, The fosters, …]

Au fil des ans, les personnalités publiques engagées dans la cause MOGAI* ne cessent de grandir.
Pour finalement découvrir une personne agenre ; Angel Haze.
Sacré bon rap, soit dit en passant.

Éduquer son entourage est un processus égoïste, lent, long, pénible et souvent infructueux.
Mais c’est la base.
Définir des termes ; transgenre, dysphorie, non-binaire, …
Introduire des changement de nom (Charly), de pronom (iel), d’accords (masculin ou neutre), …

Les facultés de médecine grouillent d’étudiant-e-s non concerné-e-s.
De personnes profondément transphobes, homophobes également.
Jamais, je n’ai entendu de discours aussi violent envers nous qu’en amphithéâtre avec mes futur-e-s collègues.

Être transgenres c’est subir l’incompétence et la transphobie de nos professionnel-le-s de santé.
Même celleux qui sont censé-e-s nous aider auront souvent le comportement inverse à celui approprié en notre présence. Sauf perles rares.

Certes, aujourd’hui, aux yeux du monde, je n’existe pas.

Que vous vouliez l’entendre ou non.
Nous sommes ce que nous sommes, un jour, ça se saura.

On gueulera un bon coup puis on célébrera tout ça avec Angel.

Et quand je serai médecin, comptez sur moi pour être une perle.

N’hésitez pas à remplacer le mot agenre par d’autres minorités du spectre MOGAI.

*MOGAI : Marginalized Orientations, Genders Identities & Intersex